lundi 28 septembre 2015

Origine des problèmes « Environnementaux humanitaires »


Les relations entre les sociétés humaines et leur environnement naturel semblent atteindre aujourd’hui un seuil critique. Nous vivons un moment historique singulier, qui bouleverse à la fois les équilibres naturels d’ensemble et les conditions « naturelles » d’existence de l’humanité dans son ensemble.
Certes, la relation à la fois nourricière et conflictuelle entre l’espèce humaine et son environnement est aussi ancienne que ladite espèce. Depuis le temps immémorial, les hommes ont agi sur la nature par  des défrichements, des aménagements côtiers, la domestication de certaines espèces vivantes et l’extermination de beaucoup d’autres. Depuis  le XIX é siècle, la nature agissait sur l’homme par l’intermédiaire des climats, des régimes hydrographiques, des sols. Mais les intermédiaires entre l’homme et la nature, ce couple indissociable, sont longtemps restées très lentes, très progressives, très localisées aussi.[1]
Les calamités qui frappaient les humains au 19è siècle étaient surtout d’origine naturelle. La Révolution industrielle a marqué un basculement : désormais les menaces allaient venir tout autant, sinon plus, des sociétés elles-mêmes. Depuis le milieu du XXe siècle, l’homme civilisé, devenu «  force géologique planétaire » est susceptible de déclencher des réactions en chaîne le conduisant à sa propre perte. Césure définitive dans l’histoire de l’humanité. La pollution et la dégradation de l’environnement sont devenues un fait de civilisation et ont acquis, à l’issue de la seconde Guerre mondiale, des dimensions planétaires. Notre espèce violente est le mouvement global de la nature. Avec des déchets radioactifs, elle installe des poisons dans les écosystèmes pour des siècles, voire des millénaires. Elle modifie la composition chimique de l’atmosphère et par là, elle influence déjà l’évolution climatique globale. Plusieurs phénomènes prennent des dimensions inquiétantes pour la l’existence humaine.[2]
Ainsi, les perturbations d’Eros sont nécessaires à la vie mais « nous ne saurions réaliser tout ce que nous désirons ». Le malaise dans la civilisation est en même temps la condition de la vie : à chacun de livrer le combat, en personne, et de prélever sa part de renoncement en tant que membre de la communauté. Face aux menaces qui pèsent et dès la génération des enfants de nos enfants, l’irréversible aura commencé, il n’y a pas, comme dans le cas d’une guerre, un ennemi que l’on puisse  rendre responsable, car c’est nous-même qui produisons l’énergie. [3]
Cependant, ces menaces actuelles nous les appelons  des «  problèmes environnementaux humanitaires » parce qu’elles sont dues aux activités humaines et présentent un aspect très différent, en raison notamment de la rapidité des transformations. Les différents organismes forment les uns avec  les autres  et avec environnement une sorte d’unité ou plus exactement un système, dont les constituants se présentent comme des communautés d’organismes adaptés aux différentes conditions de l’existence.[4]
Les hommes ne parviennent pas à se libérer des contraintes réelles auxquelles ils se sont exposés compte tenu de l’attentat technologique qu’ils ont  perpétué contre la nature. L’exploitation abusive de la nature par les hommes, et en particulier par ceux de la société industrielle occidentale, a dégénéré en habitude de vie. L’attentat technologique dont parle Jonas, c’est justement le dynamisme du progrès technique qui apparait d’abord comme besoin nécessaire pour l’homme ; mais en même temps comme facteur des problèmes inédits contre la nature. [5]
Toutefois, l’homme est sûr de pouvoir détourner la menace qui pèse sur lui. Dès aujourd’hui les savants essaient de préciser l’incidence exacte de l’action des agents polluants sur les différents facteurs dont dépend la vie de l’homme et s’efforcent de trouver les palliatifs appropriés.[6]  


[1] Michel et Calliope Beaud et Mohamed LARBI BOUGUERRA,  l’Etat de l’environnement dans le monde, Paris, La Découverte, 1993, P. 23
[2] Ib.,  op.cit, P.25
[3] Ibid., P. 28
[4] K.ANANITCHEV, op. cit., P. 4
[5] H. JONAS, cité par C. FOPPA, Nature et responsabilité, collection dirigée par G.HOTTOIS, p. 22
[6] K. ANANITCHEV, op. cit. , p.5

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