Le genre est un concept utilisé en sciences sociales pour désigner les différences
non biologiques entre les femmes et les hommes.
Alors que le sexe
fait référence aux différences biologiques entre femmes et hommes,
le genre réfère aux différences sociales, psychologiques, mentales, économiques, démographiques, politiques, etc
.
Le genre est l'objet d'un champ d'études en sciences
sociales, les études de genre. Ce
concept est apparu dans les années 1950 dans les milieux psychiatriques et
médicaux, aux États-Unis. À partir des années 1970, le genre est fréquemment
utilisé par les féministes pour démontrer
que les inégalités entre femmes et hommes sont issues de facteurs sociaux,
culturels et économiques plutôt que biologiques1.
L'expression « théorie du genre » est
essentiellement utilisée en France par ceux qui contestent la scientificité et
la bonne foi des études de genre pour qualifier et critiquer le concept de
genre.
Histoire et définition
Étymologie et histoire en sciences
sociales
Le mot « genre » vient du latin
« genus », devenu en ancien français « gendre ». Le
mot a d'abord le sens de « catégorie, type, espèce » puis le sens de
« sexe2 ». Le mot a longtemps été
majoritairement associé au genre grammatical.
Les travaux de Margaret Mead jouent un rôle précurseur dans ce
domaine, dès 19353. Mead utilise le concept de « rôle
sexué », qui distingue pour la première fois le rôle social et le sexe et
est l'ancêtre direct de l'idée de genre4.
Le terme de « genre » (gender) a été
employé pour la première fois avec sens non-grammatical dans une publication
scientifique 5 en 1955
par le psychologue et sexologue controversé6 John Money, dans un article où il introduit le
concept de « rôle de genre »
(gender role) : « le terme de rôle de genre est utilisé pour
désigner tout ce que dit ou fait un individu pour se dévoiler […] comme ayant,
respectivement, le statut de garçon ou d'homme ou bien de fille ou de femme. Il
inclut, sans y être limité, la sexualité au sens de l'érotisme »7. En 1964,
les psychanalystes Robert Stoller et Ralph Greenson créent5 le concept d' « identité de genre »
(gender identity) pour désigner « le sentiment qu'on a d'appartenir
à un sexe particulier ; il s'exprime cliniquement par la conscience d'être
un homme ou un mâle par distinction d'être une femme ou une femelle »8. En 1968,
Robert Stoller propose d'articuler les deux notions de rôle de genre et
d'identité de genre : « l'identité de genre commence avec le savoir
et la réalisation, consciente ou inconsciente, que l'on appartient à un sexe et
non à un autre [...] le rôle de genre est la conduite déclarée que l'on montre
en société, le rôle qu'on joue, notamment vis-à-vis des autres »9. En 1972,
John Money considère, de manière convergente, que « le rôle de genre est
l'expression publique de l'identité de genre et l'identité de genre,
l'expression privée du rôle de genre »10.
En 1972, la sociologue Ann Oakley reprend le terme « genre »
tout en s'écartant des définitions de Money et Stoller : elle s'appuie sur
l'articulation entre nature et culture développée par Claude Lévi-Strauss
pour renvoyer le sexe au biologique et le genre au culturel. À la même époque,
les universitaires français préfèrent les expressions « rapports de
sexe » ou « rapports sociaux de sexe »4,11.
À partir des années 1980, sous l'influence de la pensée de Michel Foucault, le genre est étudié dans son
rapport au pouvoir et aux normes sociales. Dans
le même temps, les études de genre
gagnent de l'ampleur dans les universités au delà de la sociologie, en histoire notamment4.
Enfin, le genre et son « injonction
normative » sont la base des réflexions de Gayle Rubin et Judith Butler à partir des années 1990 dans leurs études sur les minorités
sexuelles4.
La notion de genre est également utilisée par le mouvement féministe à partir des années 1970 puis 1980, qui souhaite démontrer l'oppression créée
par la hiérarchie des sexes4.
Usage courant
En anglais, le mot « gender »
est utilisé de manière courante, généralement pour exprimer les différences
entre femmes et hommes en insistant sur les différences culturelles plutôt que
biologiques12. En français en revanche, « sexe » et ses
dérivés (« sexuel », « sexiste ») sont préférés dans le
langage courant, y compris pour exprimer les dimensions culturelles,
économiques, sociales et politiques des différences entre femmes et hommes, la
Commission générale de terminologie et de néologie ayant déconseillé la
substitution de « genre » à « sexe » en 200513, et ce même si l'emploi de « genre
masculin/féminin » pour désigner hommes et femmes est attesté depuis le XVIe siècle14.
Définition
Le genre peut se définir de la manière suivante15 :
« [U]n système de bi catégorisation hiérarchisée
entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui
leur sont associées (masculin/féminin). »
Le genre se distingue donc du sexe16 [réf. insuffisante] :
il va au delà des attributs biologiques pour s’intéresser à la différence
sociale. Le concept de genre permet donc de penser les relations entre femmes
et hommes en termes de rapports sociaux.
Mais le genre se distingue également de l'orientation sexuelle
(hétérosexualité, bisexualité, homosexualité) qui elle-même se distingue de la transsexualité17.

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